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saule_pleureur« Samedi, peu après une heure de l’après-midi, Aomamé se rendit à la résidence des Saules. Il y avait là un certain nombre de gros saules pleureurs anciens, devenus très touffus, qui dépassaient le mur de pierre du jardin et qui, lorsque le vent soufflait, oscillaient sans bruit tel un rassemblement d’âmes errantes. C’est pourquoi les gens du voisinage, depuis bien longtemps, appelaient cette vieille demeure de style occidental la résidence des Saules. Elle était située dans le quartier d’Azabu, tout en haut d’une pente raide. Des oiseaux menus se perchaient au sommet des branches. Sur un coin ensoleillé du toit, un gros chat se chauffait, les yeux plissés. Les rues étaient si étroites et si tortueuses qu’aucune voiture ou presque n’y passait. Le grand nombre d’arbres à large ramure plongeait les alentours dans la pénombre, même en pleine journée. Dès qu’on avait posé le pied en ces lieux, on avait le sentiment que le cours du temps s’était légèrement ralenti. »

Haruki Murakami

in « 1Q84 » – Éditions Belfond 10/18 – 2012