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Linné, fils d’un pasteur suédois sans fortune, connaît une jeunesse austère et studieuse. Il étudie la médecine et la botanique (qui est à l’époque une branche de la médecine). En 1732, la Société des sciences d’Uppsala l’envoie en expédition en Laponie, où il découvre avec émerveillement une flore inconnue. Au retour, il part aux Pays-Bas et y acquiert le titre de docteur en médecine.

Dès 1735 à Leyde, il publie un court opuscule exposant sa méthode de classification (Systema naturae). Il marche dans les pas du naturaliste anglais John Ray et du français Sébastien Vaillant, mais va plus loin qu’eux. Depuis le XVIe siècle, les naturalistes ont en effet amoncelé de façon empirique une masse d’informations et le besoin de les ordonner se fait sentir. Linné veut réorganiser ce savoir suivant un ordre précis. Pour élaborer son système de classification, il s’inspire de John Ray, botaniste de la fin du XVIIe siècle et de sa définition du concept d’espèce : « ensemble d’individus qui engendrent, par la reproduction, d’autres individus semblables à eux- mêmes ».

L’ambition de Linné est d’imposer un système descriptif rationnel et universel, valable aussi bien pour les végétaux que pour les animaux et les minéraux. Il prend pour critères de détermination les caractères sexuels.

Sébastien Vaillant, botaniste français, localisait les organes reproducteurs dans le corps de la fleur; Linné, s’abritant derrière maintes précautions littéraires, les place dans les étamines et les pistils, comparant le calice à un lit nuptial et la corolle à un rideau pudique (Philosophia Botanica, 1751). Il note le nombre, la figure, la proportion et la position des étamines et groupe les plantes en vingt-quatre classes, qu’il divise en ordres suivant l’analyse rigoureuse de la combinaison des étamines et des pistils. Il détermine le genre par la seule observation des étamines et dote chaque espèce d’un nom et d’un prénom.

Il invente un véritable langage international de dénomination des plantes, qu’il étendra aux animaux – un système binominal, composé du nom du genre et du nom de l’espèce, dérivés du latin ou de la forme vernaculaire latinisée, ou encore du nom du découvreur latinisé.

Grâce à ce système, tout végétal ou tout animal rencontré peut être identifié. La chasse aux spécimens se développe. Linné envoie ses propres élèves et collaborateurs aux quatre coins du monde, dans des régions encore inexplorées par les naturalistes, quelquefois au prix de leur vie. On assiste à une véritable fièvre de l’inventaire. Chaque expédition maritime emmène son naturaliste et son dessinateur.

En dépit des résistances, la classification de Linné représentera un modèle pour des générations de naturalistes; les propres collaborateurs de Buffon, son opposant le plus farouche, finiront par l’accepter. Mais fondée sur une certitude : la fixité des espèces (« nous comptons aujourd’hui autant d’espèces qu’il en fut créé à l’origine » était le credo de Linné, fidèle au mythe biblique de la Création), cette taxicomie ne résistera pas aux thérories du transformisme et de l’évolution. En revanche, son système de nomenclature est toujours en usage.

Œuvres principales :

  • Systema naturae (1735),
  • Philosophia Botanica (1751).

* biographie tirée du site Bnf – Tous les savoirs du monde